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Réservation Guadeloupe

Réserver en Guadeloupe : ce que change la catégorie de location

Une annonce dit « gîte », « villa » ou « chambre d'hôtes » ; le code du tourisme, lui, ne connaît que des catégories précises, et chacune impose au loueur des obligations différentes. Ce que le voyageur peut exiger avant de payer — un classement daté, un numéro d'enregistrement, une note détaillée — dépend de la catégorie réelle du logement, pas du nom commercial choisi pour le vendre.

Façade d'une maison créole avec galerie et volets, un panneau près de la porte
La catégorie d'un hébergement ne se lit pas sur la façade : elle figure dans une décision de classement datée et dans une déclaration en mairie.

Un mot d'annonce ne vaut pas une catégorie juridique

Le code du tourisme ne raisonne pas en « gîte » ni en « villa avec vue ». Il distingue des catégories d'hébergement marchand, et c'est Atout France qui instruit leur classement : hôtels de tourisme, résidences de tourisme, campings et parcs résidentiels de loisirs, villages de vacances, auberges collectives et meublés de tourisme, la distinction Palace s'ajoutant à cet ensemble. Le mot « gîte » ne figure dans aucune de ces catégories, ce qui n'empêche pas des milliers d'annonces de l'employer.

Trois faits, et non une enseigne, décident de la catégorie. Le voyageur a-t-il l'usage exclusif du logement, ou partage-t-il la maison du loueur ? Le loueur est-il présent, sert-il le petit-déjeuner, fournit-il le linge et fait-il le ménage ? L'hébergement est-il vendu à la nuit ou sous forme de forfait incluant pension et équipements collectifs ? Un meublé de tourisme suppose l'usage exclusif et une location de courte durée, sans dépasser quatre-vingt-dix jours consécutifs pour un même client dans l'année civile. Une chambre d'hôtes suppose au contraire l'accueil chez l'habitant, assorti de prestations.

Cette différence n'est pas théorique. Elle détermine qui contrôle l'établissement et à quelle fréquence, ce que le loueur doit afficher, quel régime fiscal s'applique à ses revenus, quelle assurance il a intérêt à souscrire et quelles normes de sécurité le logement doit respecter. Deux logements identiques, dans la même commune, peuvent relever de deux régimes différents selon la présence du propriétaire et les prestations vendues. D'où la question à poser avant de payer : quelle est votre catégorie, et pouvez-vous le justifier ?

Intérieur d'un meublé : cuisine équipée, table dressée et linge plié
Le meublé de tourisme suppose un équipement minimum imposé, et un usage exclusif du logement par le client.

Hôtel classé : un établissement contrôlé, un panonceau affiché

Le code du tourisme ne définit que l'hôtel « de tourisme » : un établissement commercial d'hébergement classé, qui loue des chambres ou des appartements meublés à une clientèle de passage, à la journée, à la semaine ou au mois, et qui comporte éventuellement un service de restauration. Cette définition vient du décret du 23 décembre 2009 pris pour l'application de la loi de 2009 sur les services touristiques. En creux, un hôtel non classé reste un hôtel au sens du code, mais il ne peut pas se prévaloir de la mention « de tourisme ».

Le classement lui-même est une démarche volontaire de l'exploitant, encadrée par l'article L. 311-6 du code du tourisme. Le tableau de classement, élaboré par Atout France et la direction générale des Entreprises, est homologué par arrêté, en dernier lieu celui du 29 décembre 2021, et révisé au moins tous les cinq ans. La visite est faite par un organisme accrédité par le Cofrac ; pour les quatre et cinq étoiles, Atout France indique qu'elle est complétée par une visite mystère. Le classement vaut cinq ans.

Ce que le voyageur en retire est vérifiable : le panonceau doit être apposé en façade, avec le nombre d'étoiles et l'année d'obtention, et la liste des hôtels classés est publiée gratuitement par Atout France. Un classement peut aussi être abrogé ou radié, notamment pour défaut grave d'entretien de l'immeuble, ce qui suppose un contrôle effectif. Côté prix, les prestations hôtelières relèvent du secteur hôtelier au sens du code général des impôts et sont assujetties à la TVA, contrairement aux meublés de tourisme : le prix affiché est donc un prix toutes taxes comprises.

Meublé de tourisme : déclaration, enregistrement, classement facultatif

Le meublé de tourisme est le régime de la plupart des villas et appartements loués à la semaine. Trois conditions le caractérisent : le client a l'usage exclusif du logement, il y séjourne pour une courte durée, et un même client ne peut pas cumuler plus de quatre-vingt-dix jours consécutifs de location dans la même année civile. S'y ajoute un équipement minimum obligatoire, énuméré par la fiche officielle : literie, volets ou rideaux, plaques de cuisson, four ou micro-ondes, réfrigérateur avec congélateur, vaisselle et ustensiles, table et sièges, rangements, luminaires et matériel d'entretien.

La déclaration en mairie est obligatoire, sous peine de contravention. Selon la commune, elle prend la forme d'une déclaration simple, sur le formulaire Cerfa n° 14004, ou d'une déclaration avec enregistrement, qui délivre un numéro de treize caractères, dont les cinq premiers sont le code géographique de la commune. Ce numéro doit figurer dans chaque annonce, y compris sur les plateformes, lesquelles ont l'obligation de déconnecter les annonces qui en sont dépourvues. Dans certaines communes, une autorisation de changement d'usage s'ajoute à la déclaration. Ces règles varient donc d'une commune à l'autre, y compris en Guadeloupe.

Le classement, lui, est facultatif et payant : de une à cinq étoiles, pour cinq ans, selon cent trente-trois critères portant sur les équipements, les services au client et le développement durable, fixés par l'arrêté du 2 août 2010 modifié. La décision de classement doit être affichée dans le logement. Son intérêt n'est pas seulement commercial : le classement ouvre un abattement forfaitaire plus favorable sous le régime micro et évite, là où la commune a institué la taxe de séjour, le tarif majoré des meublés non classés. Il ne dispense d'aucune obligation de sécurité, à commencer par le détecteur de fumée.

Emplacements de camping délimités par des haies, avec tentes et bloc sanitaire
Un terrain de camping classé est contrôlé tous les cinq ans ; un terrain sans étoiles relève d'un autre cadre.

Chambre d'hôtes : une appellation protégée, jamais classée

Une chambre d'hôtes est une chambre meublée située chez l'habitant, louée à la nuitée et assortie de prestations : accueil en personne par le loueur, petit-déjeuner servi, fourniture et renouvellement du linge de maison, nettoyage régulier, accès à une salle de bains et à des toilettes. Le code du tourisme, aux articles L. 324-3 et D. 324-13 et suivants, plafonne l'activité à cinq chambres et quinze personnes simultanément. Au-delà, l'appellation est interdite et l'activité bascule dans un autre régime, celui des chambres chez l'habitant, avec les contraintes des établissements recevant du public.

Contrairement aux meublés de tourisme et aux résidences de tourisme, les chambres d'hôtes ne font l'objet d'aucun classement en étoiles, rappelle la DGCCRF : elles peuvent seulement obtenir un label. La déclaration en mairie reste obligatoire. L'appellation est protégée : un loueur qui l'utilise sans remplir les conditions tombe sous la qualification de pratique commerciale trompeuse et s'expose aux sanctions prévues par le code du tourisme. Pour le voyageur, l'absence d'étoiles n'est donc pas un défaut : c'est la nature de la catégorie.

La contrepartie est une obligation de transparence précise. Le loueur doit afficher ses prix, de façon claire et à jour, à l'extérieur près de l'entrée, au lieu de réception de la clientèle et dans chaque chambre ; au moment du règlement, il remet une note récapitulative mentionnant la date, sa raison sociale et son adresse, le numéro de chambre, la durée, l'identité du client, le détail des prestations, taxes et services compris, et la somme totale due. L'accueil en personne fait partie de la prestation : une remise de clés par boîte à clés ne suffit pas.

Gîte rural, village de vacances, camping : le mot et le régime

Le gîte rural n'est pas une catégorie du code du tourisme : c'est un produit de réseau, décrit par les organismes qui le labellisent. Il est classé en épis, visité avant labellisation puis contrôlé tous les cinq ans, selon la procédure du réseau Gîtes de France. Juridiquement, ce même logement est un meublé de tourisme s'il est loué en usage exclusif, ou une chambre d'hôtes si l'hôte accueille, sert le petit-déjeuner et fournit le linge. Le mot ne dit donc rien du régime : les faits, si.

Le village de vacances relève d'une autre logique. C'est un centre d'hébergement faisant l'objet d'une exploitation globale, commerciale ou non, destiné à des séjours vendus à prix forfaitaire, ce forfait comprenant la pension, l'usage d'équipements communs, d'installations sportives et de distractions collectives. Il est classé de une à cinq étoiles et contrôlé tous les cinq ans. La conséquence est concrète : on n'y réserve pas une nuit isolée comme dans un meublé, et le contrat porte sur un ensemble de prestations, pas sur un lit.

Le camping est un terrain aménagé destiné à l'accueil de tentes, de caravanes, de résidences mobiles de loisirs et d'habitations légères, composé d'emplacements nus ou équipés et d'équipements communs, exploité en permanence ou par saison. Il est classé de une à cinq étoiles, avec un contrôle quinquennal. L'aire naturelle est une catégorie distincte, réservée aux tentes, caravanes et autocaravanes, ouverte six mois par an au maximum, sans desserte individuelle en eau ni raccordement à l'assainissement. Un terrain sans étoiles n'est donc pas un camping classé.

Ce qu'on peut exiger, et ce qui dépend de la commune

Ce que l'on peut exiger dépend de la catégorie, et se vérifie. Pour un hôtel ou un camping classé : le panonceau, avec les étoiles et l'année d'obtention. Pour un meublé : la décision de classement affichée dans le logement, et le numéro d'enregistrement dans l'annonce lorsque la commune l'impose. Pour une chambre d'hôtes : l'affichage des prix aux trois emplacements prévus et la note récapitulative au départ. Dans tous les cas, demander l'année du classement : il vaut cinq ans, et une annonce peut afficher une distinction éteinte.

L'assurance mérite une mise au point, car la catégorie ne crée pas les mêmes obligations. Service-Public rappelle qu'il n'existe aucune obligation légale d'assurance pour un meublé de tourisme loué en saisonnier. Le propriétaire choisit son niveau de couverture : multirisque propriétaire non occupant, contrat couvrant aussi le locataire, ou garantie d'abandon de recours plus étroite. Le voyageur, lui, a intérêt à vérifier que sa multirisque habitation comporte une garantie villégiature, ou à souscrire une assurance pour la durée du séjour.

Restent les règles locales, qu'aucune fiche nationale ne peut trancher à la place de la commune : l'existence et le tarif de la taxe de séjour, fixés par délibération ; l'obligation d'enregistrement et, le cas échéant, d'autorisation de changement d'usage ; le tarif majoré applicable aux meublés non classés. En Guadeloupe, ces points se règlent commune par commune, et parfois à l'échelle intercommunale. La question utile au loueur n'est donc pas « est-ce un gîte ? », mais « quelle catégorie, classé ou non, et quel numéro d'enregistrement ? ».